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La stratégie d'investissement de la Caisse marocaine de Dépôt et de Gestion révèle des faiblesses selon la Cours des Comptes du royaume

La stratégie d'investissement de la Caisse marocaine de Dépôt et de Gestion révèle des faiblesses selon la Cours des Comptes du royaume

(Agence Ecofin) - En tant qu'entité publique, la Caisse marocaine de Dépôt et de Gestion (CDG), un des gros investisseurs institutionnels du royaume chérifien, a fait l'objet d'une évaluation de ses activités par la Cours des Comptes, qui a rendu son rapport ce lundi 7 janvier 2019.

 Une de principales informations qui en ressort est la critique formulée à l'endroit de la stratégie d'investissement de CDG pour la période allant de 2007 à 2017. Il lui est ainsi reproché d'avoir concentré l'essentiel de ses engagements sur un nombre réduit de participations, manquant ainsi à la règle d'une répartition équilibrée des risques.

 A fin 2017, la structure du portefeuille des filiales et participations, d'une valeur de 42,2 milliards de dirhams, est dominée par neuf participations et filiales sur un total de 70. Celles-ci concentrent 76% de l’encours global exprimé en valeurs comptables, soit environ 31,4 milliards de Dirhams.

Cette situation a été le fait même de la stratégie d'allocation des ressources au cours des 10 précédentes années. 90% des investissements additionnels engagés, entre 2006 et 2017, soit environ 26,8 milliards de dirhams, ont été concentrés sur huit participations et filiales dont l’encours est passé de 6 milliards de dirhams à 32,7 milliards de dirhams.

En plus d'être déséquilibrés, les investissements de la Caisse de Dépôt et de Gestion ont connu une rentabilité en berne, sans qu'une stratégie de redressement n'ait été amorcée par ses dirigeants. Mis à part le niveau record de 6,64% de rendement générés par son portefeuille d'investissement en 2008, et les bonnes performances de 2009 (5,56%) et 2015 (5,62%) l'institutionnel a connu un rendement moyen de 4,2% sur la période évaluée. A 3,31%, le rendement de 2017, bien qu'en hausse sur celui de 2016, est inférieur à cette moyenne.

La Cour marocaine des Comptes a aussi relevé le fait que certaines entreprises du portefeuille de participation n'ont jamais payé de dividende. A la suite de son rapport, elle a formulé des recommandations, tant au niveau des règles de gouvernance que par rapport aux objectifs de gestion de la structure.

Idriss Linge


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