La CEMAC pourrait bientôt connaître son premier emprunt obligataire réalisé en plein processus de fusion des marchés de Douala et Libreville

(Agence Ecofin) - La commission de surveillance des marchés financiers de la CEMAC serait proche de délivrer son visa pour la réalisation d'un emprunt obligataire de plus de 30 milliards de FCFA, a appris l'Agence Ecofin de sources autorisées.

La date de publication du visa conforme et les conditions de l'emprunt en question ne sont pas encore connus, mais « ce n'est qu'une question de temps », ont confié deux investisseurs proches du processus. 

Cela ne sera qu'un des emprunts qui ont déjà eu cours dans la sous-région. Toutefois, celui-ci présente la différence de s'effectuer alors que de grosses avancés sont en train de s'opérer, en phase avec les travaux de fusion des deux places financières de Douala (Cameroun) et de Libreville (Gabon). 

En vertu d'un accord de reconnaissance mutuelle, le régulateur national camerounais (CMF) et celui de la sous-région (COSUMAF) rendent désormais possible, sans restructions, le fait de pouvoir lever des fonds dans n'importe quel pays de la sous-région sur la base de l'autorisation obtenue d'un des régulateurs. 

Sur un marché financier où les produits de placement sont assez rares, chaque opportunité de placement est perçue avec un réel enthousiasme dans la communauté des investisseurs. Dans le cadre du présent emprunt, il n'est pas exclu qu'on assiste à une sursouscription, car l'avis de la COSUMAF est attendu depuis plusieurs mois.

L’opération bénéficie de la garantie de la firme britannique Guarantco, qui a obtenu son accréditation de la commission bancaire d’Afrique centrale en 2014, avec un statut de pondération proche de celui des Etats. Ainsi, le taux d’intérêt qui sera servi aux investisseurs à cette occasion influencera les prix fixés pour les autres opérations à venir.

Un consensus semble se former autour d’un taux supérieur à 7,5%. L’emprunteur étant basé au Gabon, c’est le niveau de rendement minimum exigé par les investisseurs de référence pour des placements sur, au plus, deux ans, dans la dette cotée du secteur privé de ce pays, selon de récentes données publiées par la branche Recherche et gestion d’actifs du groupe marocain Attijariwafa Bank (ASCA).

Idriss Linge


Ecofin Gestion Publique