40 milliards $ d’investissements directs étranger annoncés pour l’Afrique en 2018, mais avec de gros défis sous-jacents

40 milliards $ d’investissements directs étranger annoncés pour l’Afrique en 2018, mais avec de gros défis sous-jacents

(Agence Ecofin) - Le flux des investissements directs étrangers ciblant l'Afrique a atteint en 2018 le montant de 40 milliards $ représentant une hausse de 6% sur une base de comparaison annuelle. C'est la meilleure performance de progression de l'année, juste devant le groupe des pays asiatiques en développement (+5%), note-t-on des indicateurs préliminaires fournis par la CNUCED.

Mais cet indicateur cache une réalité moins réjouissante. Le continent africain, malgré ses 54 pays indépendants et des puissances économiques comme le Nigéria, l'Angola, l'Egypte ou encore l'Afrique du sud, reste la dernière région du monde en terme de cible par des IDE.

Ainsi, même si les investisseurs internationaux ont perdu confiance dans les pays développés (une baisse de 40% des IDE ciblant leurs régions), l'Asie (502 milliards $ attirés et +5%) a été une fois encore la zone alternative préférée.

Ce qu'on note aussi, c'est que les pays africains eux-mêmes ont moins investi sur le continent et que les investissements sur de nouveaux projets y ont baissé à 69 milliards $, marquant le repli le plus fort du domaine (-19%).

Toutefois, l’Egypte avec 7,9 milliards $ d’IDE reçus, en hausse de 7% comparé à 2017, demeure la première destination des investissements étrangers ciblant l’Afrique.

L’Afrique du sud a réalisé le plus gros retournement, en recevant 7,1 milliards $ d’IDE, alors que ces trois dernières années, elle avait chuté et n’avait reçu que 1,7 milliard $ en 2017.

Par contre, le Nigéria, avec seulement 2,2 milliards $ d’investissement reçus (en baisse de 36%) et l’Angola, avec un désinvestissement net de 2,2 milliards $, sont le symbole d’une Afrique qui peine à séduire. Des défis de change, des économies morcelées et une intégration économique continentale faible, sont autant de raisons de blocages et d’incertitudes pour les détenteurs de capitaux.

Idriss Linge


Ecofin Gestion Publique