Les premières décisions de politique monétaire dans les économies majeures d’Afrique seront la stabilité des taux

(Ecofin Hebdo) - L’Afrique du Sud a ouvert le 17 janvier 2019 le bal des premières décisions de politique monétaire des banques centrales d’Afrique, sur une tendance que devraient suivre toutes les économies majeures de la région, mais pour diverses raisons, a pu constater l’Agence Ecofin.

 

L’Afrique du sud anticipe sur une inflation plus faible

L’institution sud-africaine d’émission monétaire a en effet maintenu son principal taux d’intervention à 6,75%. Ses responsables expliquent ce choix, par un ralentissement de la hausse des prix au sein de l’économie, qui est désormais projette à 4,8% en 2019, contre une hausse effective de 5,5% au mois de novembre 2018. Aussi, la position extérieure du pays s’améliore et la pression sur le Rand devrait se stabiliser et même prendre une tendance légèrement baissière, selon plusieurs experts. Dans les cercles politiques cependant, notamment au sein du parti dirigeant majoritaire l’ANC, on fait pression sur la South Africa Reserve Bank (SARB), pour qu’elle prenne des décisions qui seront plus favorables à la création des emplois et à la relance de l’économie du pays, qui se remet d’une récente récession.

 

Le Nigéria craint une hausse de l’inflation

Le Nigéria qui est l’économie la plus peuplée d’Afrique avec ses 200 millions d’habitants, devrait lui aussi maintenir ses taux d’intervention au niveau record de 14% lors de sa rencontre de politique monétaire prévue le 22 janvier prochain. Mais alors que l’Afrique du Sud l’a fait pour saluer le repli de l’inflation, la Central Bank of Nigeria (CB N) le fera pour contenir l’inflation à venir avec le mois des élections. Les indicateurs macroéconomiques lui donnent raison par avance. Selon l’institut nigérian des statistiques, l’indice des prix à la consommation a progressé fin décembre 2018 pour le septième mois consécutif, alors qu’il avait jusque-là amorcé une tendance baissière. La cible d’une inflation à 9% que s’était fixée la banque centrale semble encore loin d’atteinte. La banque centrale devrait maintenir inchangée ses taux jusqu’au troisième trimestre 2019, à condition que les réserves de change ne soient pas affaiblies.

 

L’Angola craint une pression sur la monnaie nationale

En Angola, la Banco Naçional de Angola (BNA=, devrait, elle aussi, maintenir son taux d’intervention à 16,5% lors de sa rencontre du 25 janvier. Juillet 2018 lors de sa récente rencontre, elle avait baissé ce taux, mais selon des experts interrogés par Bloomberg, elle devrait se montrer plus prudente cette année. Des prix du baril de pétrole toujours au plus bas et les réformes visant à désengager l’Etat sur certaines entreprises, risque de créer une grosse inflation monétaire

 

Le Ghana doit rassurer le secteur bancaire et se battre contre l’inflation

Au Ghana, la Bank of Ghana (BOG) risque de n’avoir d’autre choix que de maintenir son principal taux d’intervention à 17% lors de sa réunion du 28 janvier prochain. Le pays entre dans sa première année d’activité bancaire avec un seuil de capital social révisé à la hausse. Un abaissement des taux serait de fait contreproductif pour les banques commerciales. L’inflation finalement devrait demeurer au-dessus des 9,5% en raison des dépenses sociales et infrastructurelles prévues par le gouvernement, mais aussi de la dévaluation progressive du naira qui se poursuit, après avoir perdu 8% en 2018.

 

Le Kenya laissera souffler le secteur bancaire qui digère mal le plafonnement des taux d’intérêt

Le cas kényan est le plus intéressant. Malgré un repli de près de moitié de l’inflation à 5,7% à la fin du mois de décembre 2018, la Central Bank of Kenya (CBK) ne pourra se résoudre à baisser son taux de 9%, car il est désormais étroitement lié aux revenus d’intérêt des banques et l’incitation de ces dernières à financer l’économie. En effet le pays d’Uhuru Kenyata a choisi il y a deux ans, de plafonner les taux d’intérêt sur les prêts bancaires afin de permettre un plus grand accès au crédit. C’est l’effet inverse qui s’est produit. En plus de baisser les volumes de crédit accordés aux agents économie non étatiques, parce que jugés plus risqués, les banques commerciales du Kenya ont aussi réduit leur coûts en licenciant du personnel et ont privé les entreprises (donc productif) d’une part importante de leurs facilités financières. Une baisse des taux de la banque centrale entraînerait un repli des revenus d’intérêt des banques et peut-être finalement une atrophie complète du marché du crédit dans le pays.

Idriss Linge

Idriss Linge

 

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