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Peut-on être optimiste sur l’avenir du secteur du crédit digital au Kenya ? (Microsave Consulting)

Peut-on être optimiste sur l’avenir du secteur du crédit digital au Kenya ? (Microsave Consulting)
  • Date de création: 09 octobre 2019 20:24

(MSC) - « Venez résoudre vos problèmes de crédit M-Shwari, Branch et Tala », peut-on lire sur l’annonce d’un médecin local. Aujourd’hui, de telles publicités sont courantes dans le centre-ville de Nairobi. Si l’incrédulité prédomine chez la plupart des Kenyans face à de tels « remèdes miracles », la prévalence de telles annonces illustre les difficultés réelles auxquelles sont toujours confrontés les emprunteurs digitaux au Kenya. Un emprunteur digital kenyan typique jongle avec trois crédits et peine à rembourser dans les délais impartis malgré leur faible montant.

Au Kenya, 2,2 millions de personnes sont en situation d’impayés pour des crédits digitaux contractés entre 2016 et 2018. Environ la moitié (49 %) des emprunteurs digitaux en situation d’impayés ont un encours de crédit inférieur à 10 USD (1). La question du surendettement a trouvé un écho important dans les médias, qui ont fait paraître un certain nombre d’articles mettant en lumière les tendances et statistiques inquiétantes du secteur.

Un constat qui amène à se poser la question suivante : l’évolution des produits de crédit digital et la croissance du secteur au cours des sept dernières années ont-elles eu des résultats positifs ? Dans une étude récemment publiée sur le marché du crédit digital au Kenya, MSC a analysé les données relatives à l’offre entre 2016 et 2018. Les résultats de l’étude indiquent des signes positifs et encourageants pour le secteur, que nous proposons d’examiner plus en détail dans cet article

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Quelles sont les bonnes nouvelles ?

1. Le crédit digital a élargi l’accès au crédit, en particulier parmi ceux qui en étaient auparavant exclus

Le secteur du crédit digital a connu une croissance significative. Notre analyse montre qu’au cours des trois dernières années, le nombre de prêts digitaux décaissés a pratiquement doublé1. Au cours de la même période, la plupart des prêts (91 %) étaient octroyés par voie digitale. Cette croissance a eu pour conséquence clé une augmentation de l’inclusion financière. La dernière enquête FinAccess auprès des ménages en témoigne : l’inclusion financière au Kenya est passée de 75 % en 2013 à 89 % en 2019. Cette augmentation a été largement stimulée par l’omniprésence des services financiers mobiles dans le pays.

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2. Les données montrent une amélioration de la qualité des prêts

Près d’un quart des prêts digitaux accordés en 2016 étaient non productifs. Ce chiffre est tombé à 9 % pour les prêts émis en 2018 (2) ce qui représente une diminution de 15 % des prêts non productifs en pourcentage du total des prêts digitaux. En particulier, les prêteurs associés à des ORM ont réussi à améliorer la qualité de leurs prêts par rapport aux fintechs et aux banques (voir figure 2). C’est en effet remarquable.

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Analyse plus approfondie des décaissements et de la qualité des prêts

Tous les fournisseurs ont généralement augmenté leurs volumes de prêts entre 2016 et 2018. Avec une augmentation du portefeuille, on pouvait s’attendre à une augmentation des PNP. Toutefois, les principaux fournisseurs associés à des ORM ont réussi à augmenter à la fois la quantité et la qualité des prêts, comme le montrent les données de 2018.

Nous voyons à cela un certain nombre de raisons. Tout d’abord, ces fournisseurs ont bénéficié de l’avantage de leur position de précurseur, qui leur a permis d’obtenir des données clients solides – à la fois à partir de l’historique des transactions mobiles et d’un historique de crédit digital plus long pour étayer leur évaluation de crédit. Safaricom en particulier dispose des données de millions de clients fidèles qui utilisent sa large gamme de services. Deuxièmement, leur position de premier arrivé leur a également donné du temps pour l’amélioration continue de leurs algorithmes d’évaluation de crédit. Depuis, Safaricom a commencé à vendre la notation de crédit de ses clients à d’autres fournisseurs du marché. Il conserve toutefois la prérogative de décider quels fournisseurs peuvent accéder à ces données.

Qu’est-ce qui peut contribuer à améliorer le taux de remboursement ?

Une meilleure sensibilisation aux conséquences du défaut de remboursement d’un crédit

Les entretiens qualitatifs que nous avons menés auprès de 50 emprunteurs digitaux ont montré que les emprunteurs sont de plus en plus conscients de l’impact du défaut de remboursement d’un crédit digital. Ils savent que cela peut donner lieu à un rapport négatif par une centrale des risques, avec pour effet de faire baisser leur notation de crédit et de limiter leur accès au crédit formel. Par ailleurs, la plupart des clients sont disposés à rembourser leurs prêts dans les délais impartis, soit par tempérament, soit parce qu’ils ont besoin de conserver leur accès au crédit et d’accroître le montant maximum auquel ils peuvent prétendre.

Une amélioration de la notation de crédit

Nos échanges avec les prêteurs ont révélé que leur algorithme d’évaluation des demandes de prêt s’était amélioré avec le temps. La précision de la notation de crédit continue de s’améliorer avec l’utilisation. Les prêteurs ont adopté une approche par « essai-erreur » qui consiste à utiliser les premières phases du produit pour connaître les comportements financiers de leurs clients, en matière d’épargne, d’emprunt, de remboursement et d’impayés. Les données améliorent la précision de l’analyse prédictive grâce à l’apprentissage automatique. Par exemple, M-Shwari a effectué un test pilote de son produit pendant 18 mois – un délai suffisant pour recueillir des données permettant de prévoir le rendement des futurs emprunteurs.

Maintenant que les acteurs du secteur ont gagné en expérience et affichent des tendances positives, que reste-t-il à entreprendre ?

Une meilleure adaptation des produits aux clients. 

Quasiment tous les produits, quel que soit le fournisseur, ont des caractéristiques similaires. Leur durée est généralement d’un mois et le taux d’intérêt mensuel de 7,5 % environ. Les besoins des clients sont pourtant diversifiés et nécessitent des produits différenciés. Une poignée de prêteurs s’est concentrée sur les segments mal servis. FarmDrive est un exemple de fintech qui prête aux petits agriculteurs des produits conçus spécialement pour ce segment de marché. Autre exemple, AfriKash est un produit qui s’adresse aux commerçantes du secteur informel et offre une souplesse de remboursement qui récompense les remboursements rapides.

Une meilleure réglementation du secteur. 

L’architecture réglementaire qui régit le crédit digital nécessite un effort coordonné de réforme. Dans l’ensemble, on peut considérer que le secteur est réglementé, dans la mesure où les prêteurs associés à des ORM et les banques, qui détiennent la plus grande part du marché, sont pleinement réglementés. En revanche, les fintechs restent largement sous-réglementées. Elles ont récemment formé leur propre association, l’Association des prêteurs digitaux du Kenya (Digital Lenders Association of Kenya, ou DLAS) qui compte 10 membres. La DLAS vise à renforcer le secteur en encourageant les bonnes pratiques et la protection des consommateurs. L’introduction de projets de loi sur la protection des données en juillet 2018 et la réforme des modèles de déclaration des données de crédit vont dans la bonne direction. Cependant, on peut faire beaucoup plus.

1) Analyse par MSC des données de l’offre de 2016 à 101 

2) Ce chiffre reflète la performance des prêts telle qu’elle ressort des données relatives à l’offre à la fin de la période 2018. Il est passé à 11,75 % en août 2019.

Télécharger ici le rapport : Pour un crédit digital réellement responsable

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GESTION PUBLIQUE

Tchad: le budget 2020 prévoit une hausse de 19,9% des dépenses pour un déficit budgétaire à 197 millions $

Le Cameroun mobilise ses partenaires financiers pour reconstruire les régions anglophones en crise

Au Niger, plus de 2 millions de personnes menacées par une insécurité alimentaire sévère en 2020 (Premier ministre)

Côte d’Ivoire : 10 secteurs d’activité sont exposés au risque de corruption, selon l’INS

 
AGRO

Éthiopie : l’exécutif envisage une réduction des droits d’accise appliqués à l’industrie sucrière

Éthiopie : l’autosuffisance en blé prévue pour 2022 pourrait ne pas être atteinte

Burkina Faso : l’OFID débloque 20 millions $ en faveur de la promotion des filières agricoles

Liberia : Sime Darby cèdera ses concessions de palmier à huile à l’entreprise locale Manco

 
ELECTRICITE

Afrique du Sud : l’activité minière significativement ralentie par les délestages en cours

Égypte : à défaut de centrale à charbon, Al Nowais injectera 750 millions $ dans deux centrales de renouvelables

Sénégal : 1,1 milliard $ supplémentaires seront nécessaires pour l’accès universel à l’énergie en 2025

Barrage électrique de Rusumo Falls : pas de moratoire pour l’achèvement des travaux de construction

 
HYDROCARBURES

Égypte : la dette vis-à-vis des compagnies pétrolières étrangères a atteint son plus bas niveau depuis 2010

Maroc : Predator Oil & Gas fournit une mise à jour de ses plans de forage sur les permis Guercif

Deux dirigeants de Tullow Oil démissionnent en raison de la faible production pétrolière au Ghana

Le Cameroun enregistre une production de 21,28 millions de barils de pétrole brut au 31 octobre 2019, en hausse de 4,18%

 
MINES

Zambie : Arc Minerals acquiert une participation majoritaire de la coentreprise Zaco Limited

Le Togo va se doter d’une politique de réinstallation des populations affectées par les exploitations minières

Afrique du Sud : Implats et ses partenaires valident l’étude de faisabilité du projet Waterberg

La SMB remporte le prix du « Meilleur projet minier » lors de l’édition 2019 d’AIFA

 
TELECOM

Mahamudu Bawumia affirme que le Ghana poursuivra sa numérisation pour terrasser la corruption

Afrique du Sud : Altron a acquis Ubusha Technologies pour 24,5 millions $

Mali : l’opérateur télécoms algérien Mobilis a obtenu un titre provisoire de licence télécoms globale

Ouganda : Loon LCC obtient l’accord de l'Autorité de l’aviation civile pour déployer ses ballons télécoms

 
TRANSPORT

Aviation : le Gabon sort de la liste noire de l’Union européenne, mais 11 autres pays africains y demeurent

Rwanda : Qatar Airways acquiert 60 % du nouvel aéroport de Kigali, évalué à 1,3 milliard USD

Afin d’améliorer la sécurité routière et environnementale, la Guinée fixe un décret qui encadre l’importation des véhicules d’occasion

La Zambie et la RDC signent un protocole d'accord de 473 millions USD pour la construction de la route transfrontalière Kasomeno – Mwenda et du pont de Luapula

 
FORMATION

Seules deux universités africaines sont représentées dans le classement mondial des performances MOOC

Le Centre pour les entreprises mondiales propose un programme de formation en ligne aux femmes entrepreneures africaines

Côte d’Ivoire : le gouvernement annonce le lancement des travaux de l’université de Bondoukou pour un coût de 113 millions $

Au Rwanda, le gouvernement envisage d’intégrer les cours de codage dans les programmes scolaires

 
COMM

Afrique du Nord : le service de streaming Fight Sports lance ses services

Guinée : des médias critiquent le rapport sur l’audience audiovisuelle commandité par le régulateur

Zimbabwe : les autorités vont lancer la diffusion sur la plateforme nationale de télévision numérique

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