Le chef de l’Etat camerounais lance un ultimatum aux sécessionnistes des régions anglophones, invités à déposer les armes  

Le chef de l’Etat camerounais lance un ultimatum aux sécessionnistes des régions anglophones, invités à déposer les armes  

(Agence Ecofin) - Au cours de son discours d’investiture, prononcé au palais de l’Assemblée nationale le 6 novembre 2018, le chef de l’Etat camerounais réélu, Paul Biya, a lancé un ultimatum aux sécessionnistes revendiquant la partition du pays, et qui ont depuis plus d’un an instauré le règne de la terreur dans les deux régions anglophones du pays que sont le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

A ces entrepreneurs de guerre, qui mettent à mal notre unité nationale et prônent la sécession, il faut qu’ils sachent qu’ils se heurteront non seulement à la rigueur de la loi, mais aussi à la détermination de nos forces de défense et de sécurité. Je leur lance un appel à déposer les armes et à retrouver le droit chemin. J’en appelle tout particulièrement aux jeunes qui se sont laissé entraîner dans une aventure sans lendemain.», a déclaré le président Biya, pour qui « il ne fait l’ombre d’aucun doute que le destin de nos compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest s’inscrit dans le cadre de notre République».

Et le chef de l’Etat de poursuivre : « j’ai l’intime conviction que l’écrasante majorité de nos compatriotes des deux régions concernées aspirent à retrouver rapidement la paix au sein de la communauté nationale.  Malheureusement, nombre d’entre eux, en raison de la menace que les sécessionnistes continuent de faire peser sur cette partie de notre pays, n’ont pu exercer leur droit de vote à la récente élection présidentielle et, donc, exprimer leur attachement à notre unité nationale. Je leur demande de ne pas perdre espoir et d’accorder tout le soutien possible à l’action des autorités en vue du rétablissement de la paix. Ils savent mieux que personne ce que serait leur existence sous le joug d’extrémistes qui font régner la terreur et la désolation dans leurs régions depuis quelques mois».

Pour rappel, ce qui est connu au Cameroun sous le vocable de crise anglophone est né de revendications corporatistes initiées dès le mois d’octobre 2016 par les enseignants et les avocats, qui dénonçaient la non prise en compte des spécificités des deux régions anglophones du Cameroun, dans les domaines de l’éducation et du droit positif.

Après des négociations infructueuses orchestrées par les autorités publiques, et en dépit de la prise de certaines mesures gouvernementales visant à satisfaire les attentes des contestataires, les revendications corporatistes du départ muteront en revendications séparatistes un an plus tard, avec pour seule exigence, la partition du Cameroun.

Depuis plus d’un an maintenant, sous la bannière du Southern Cameroon National Council (SCNC), une frange de la population des deux régions anglophones du Cameroun a pris les armes, perpétrant des assassinats ciblés et des enlèvements ; toute chose qui a amené une immense majorité des habitants de cette partie du Cameroun à déserter villes et villages pour se réfugier au Nigeria ou dans les autres villes camerounaises, afin de fuir les combats entre sécessionnistes et l’armée régulière.

Brice R. Mbodiam       

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