Zambie : faible hausse de la masse monétaire à la fin 2018, la banque centrale opte pour le statu quo

Zambie : faible hausse de la masse monétaire à la fin 2018, la banque centrale opte pour le statu quo

(Agence Ecofin) - La quantité de monnaie en circulation au sein de l'économie zambienne a atteint, fin décembre dernier, son niveau le plus élevé depuis 2013. Toutefois, elle a progressé de 0,9% au cours quatrième trimestre 2018. Une évolution plus faible que les 13% d'augmentation de masse monétaire constatés au cours du troisième trimestre. 

La masse monétaire correspond, dans sa dimension la plus simple, à la quantité d'argent disponible dans une économie. Elle regroupe les billets de banque que s'échangent les personnes et les entreprises, mais aussi les dépôts qui sont dans les comptes bancaires. Son évolution dépend en grande partie de la quantité de crédit nets qu'accordent les banques à l'économie, mais aussi du niveau des avoirs extérieurs issus des exportations et des autres transferts. 

Dans le cas de la Zambie, la faible progression de la masse monétaire coïncide avec un ralentissement à 1,9% de la hausse des crédits accordés par les banques à l'économie au cours du quatrième trimestre 2018 (contre 9% le trimestre précédent). 

Lorsqu'on exclu les prêts donnés au gouvernement, les crédits accordés par les banques zambiennes ont baissé au cours des trois derniers mois de 2018. Dans sa présentation faite lors du comité de politique monétaire, la banque centrale zambienne a confirmé une situation surchauffe au sein de l'économie. « Les faibles taux de croissance de la masse monétaire témoignent des difficultés persistantes à maintenir une activité économique soutenue », ont fait savoir ses experts.

Ces difficultés sont réelles et se reflètent par la baisse des avoirs extérieurs et une dépréciation du kwacha, la devise nationale.

 Les analystes du marché se seraient attendus à une baisse des taux par la banque centrale, pour relancer l'octroi du crédit par les banques commerciales. Mais l'institution d'émission monétaire semble avoir privilégié la stabilité extérieure de la monnaie. Elle a maintenu son principal taux d’intervention à 9,75%, pointant du doigt une hausse des prix et des taux d’intérêts plus importante que ce que prévoyait le gouvernement 

Dans un contexte marqué par la hausse des importations plus d'argent disponible au sein de l'économie, sans contrepartie extérieure, pourrait détériorer davantage la situation monétaire du pays. Un dilemme pour le gouvernement, qui souhaite financer plusieurs projets d'infrastructures afin de tenir les promesses faites aux populations. 

Idriss Linge


Ecofin Gestion Publique