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Le premier actionnaire d'Ecobank dément l'existence d'une enquête sur la manipulation des taux de change

Le premier actionnaire d'Ecobank dément l'existence d'une enquête sur la manipulation des taux de change

(Agence Ecofin) - Ecobank Transnational Incorporated a reçu le soutien de Nedbank, qui a démenti l’existense d'une enquête, pour déterminer si la banque a manipulé ses taux de change notamment sur ses opérations au Nigéria, afin de donner plus de poids à ses résultats en dollars américains. 

Selon Mfundo Nkhulu, le directeur général des opérations chez Nedbank, le premier actionnaire du groupe bancaire panafricain, des discussions avec Ecobank lui permettent de conclure qu'aucune enquête n'avait été ouverte dans ce sens au Nigéria, apprend-on des propos rapportés par la presse sud-africaine. 

Les investisseurs sud-africains sont très sensibles à l'exposition que leurs entreprises peuvent avoir au Nigéria, un pays où les régulateurs sont connus pour infliger des amendes lourdes, et qui nécessitent d'importantes débauches de négociations pour parvenir à un accord. 

Le Financial Reporting Council, l'entité nigériane qui évalue la pertinence des rapports financiers effectués par les entreprises, ne s'est pas encore prononcée depuis la sortie de l'information. Toutefois des données consultées par l'Agence Ecofin semblent confirmer que des vérifications tout au moins, sont faites par certains de ses cadres, sur la manière dont Ecobank a publié ces résultats. 

Tout est parti d'une révélation faite par Altu Sadie, un ancien responsable du groupe basé à Lomé et devenu lanceur d'alerte. Ce dernier faisait remarquer qu'Ecobank a, au contraire des autres banques nigérianes, utilisé le taux de change officiel pour consolider ses résultats, en dépit des réalités du marché et des recommandations des experts comptables. 

Ecobank a nié en bloc toute action malveillante et a indiqué que le choix de recourir aux taux de change officiel (qui est très différent des taux réels du marché) est une question de philosophie interne et de principes de gouvernance qui lui permettaient d’utiliser des taux officiels, notamment celui de la Banque centrale.

Mais ses responsables n'ont pas expliqué l'opportunité de ce choix et surtout, ont indiqué qu'en novembre ils ont décidé de se rallier aux taux de change du marché, sans là aussi expliquer les arbitrages qui ont encadré cette décision. La publication par le groupe bancaire de ses performances pour l'année 2018 sera à suivre.

Il devrait logiquement utiliser le taux de change des opérations sur le marché pour consolider ses résultats. Dans des rapports financiers précédents, on a pu constater que lorsque le taux de la banque centrale n'était pas utilisé, les performances étaient moins valorisantes.

 Idriss Linge


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